Un calcul simple, avant les promesses

« Rechargez votre voiture gratuitement grâce au soleil » : la promesse est partout, mais elle mérite d’être vérifiée avec de vrais chiffres — et une vraie nuance. Prenons le cas le plus courant : un trajet domicile-travail classique, sans artifice marketing.

Le cas concret : ~30 km par jour, 5 jours sur 7

Profil retenu : un trajet domicile-travail de 15 km aller, soit 30 km/jour, 5 jours par semaine — environ 13 000 km par an en comptant quelques trajets du week-end. Véhicule électrique avec une consommation moyenne réaliste de 16 kWh/100 km.

Besoin de recharge annuel :

13 000 km × 16 kWh / 100 km = ≈ 2 080 kWh par an

C’est le point de départ. Voyons maintenant ce que cette électricité coûte selon la façon dont elle est produite.

Coût sur le réseau

Scénario de rechargeCalculCoût annuel
Recharge en tarif Base2 080 kWh × 0,1940 €/kWh≈ 403 €/an
Recharge en Heures Creuses2 080 kWh × 0,1579 €/kWh≈ 328 €/an

Sur le réseau, ce trajet domicile-travail coûte donc entre ~330 et ~400 € par an en électricité, selon que vous chargez en heures creuses ou non — un montant somme toute modeste comparé au carburant, mais qui reste 100 % dépendant du prix EDF.

Coût si cette énergie provient du surplus solaire

Si ces 2 080 kWh sont prélevés sur le surplus de production de votre installation photovoltaïque — c’est-à-dire l’électricité que vous produisez en trop et qui, sinon, partirait sur le réseau —, le raisonnement change du tout au tout : ce surplus ne serait autrement revendu à EDF OA qu’à 0,011 €/kWh depuis la réforme du 1er juin 2026. Autant dire presque rien.

2 080 kWh × 0,011 €/kWh = ≈ 23 € de manque à gagner en revente, contre 403 € d’achat évité sur le réseau. Chaque kWh solaire dévié vers la voiture plutôt que vendu en surplus est donc environ 18 fois plus rentable.

Chiffres indicatifs (13 000 km/an, 16 kWh/100 km, barèmes T3 2026). Un audit personnalisé reste recommandé pour votre situation exacte.


La nuance qu’on ne vous dit pas toujours

Voici l’endroit où il faut être honnête : pour un trajet domicile-travail classique, du lundi au vendredi, la voiture n’est tout simplement pas là quand le soleil produit.

  • Vos panneaux solaires produisent l’essentiel de leur énergie entre 10h et 17h, en semaine comme le week-end.
  • Si vous partez travailler le matin et rentrez le soir, votre voiture est au bureau pendant ces heures-là, et à la maison la nuit — l’inverse du moment où elle pourrait profiter du surplus.
  • Résultat : sans aménagement particulier, la recharge du soir se fait presque intégralement sur le réseau, pas sur le solaire.

Ce n’est pas un détail à passer sous silence : c’est la limite structurelle de ce cas d’usage précis. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe plusieurs façons concrètes de la contourner, au moins partiellement.

Dans quels cas ça fonctionne vraiment

SituationLa recharge solaire fonctionne-t-elle ?
Trajet domicile-travail, voiture absente en journée, sans aménagement❌ Recharge quasi 100 % réseau
Week-ends et jours de congé (voiture à la maison en journée)✅ Recharge solaire pleinement possible
Télétravail 1 à 2 jours/semaine✅ Recharge solaire ces jours-là
Retraités ou activité à domicile✅ Recharge solaire la majorité du temps
Recharge au bureau, si l’employeur dispose de bornes + solaire✅ Recharge solaire pendant le travail
Wallbox pilotée en mode solaire, sans batterie, voiture absente en semaine⚠️ Utile seulement les jours où la voiture est présente
Batterie domestique qui stocke le surplus de la journée✅ Restitue l’énergie solaire stockée le soir, même en semaine

Le rôle du pilotage intelligent et de la batterie

Une wallbox pilotée (mode « solaire » ou « surplus ») ajuste automatiquement la puissance de charge selon la production disponible — mais elle ne fait pas de miracle : si la voiture n’est pas branchée pendant la production, elle ne peut rien piloter. Pour notre profil domicile-travail, son intérêt se concentre donc sur les week-ends et les jours de télétravail.

Une batterie domestique change davantage la donne, car elle découple le moment de production du moment de consommation : le surplus produit à midi est stocké, puis restitué le soir pour alimenter la recharge du véhicule — y compris un jour de semaine classique. C’est l’option la plus pertinente si l’on veut vraiment faire coïncider un trajet domicile-travail avec de l’énergie solaire, au prix d’un investissement supplémentaire à amortir.


Tableau récapitulatif selon le profil

ProfilCoût annuel réaliste de la recharge (2 080 kWh)
100 % réseau, tarif Base≈ 403 €/an
100 % réseau, Heures Creuses≈ 328 €/an
Solaire le week-end + réseau HC en semaine (sans batterie)≈ 230 à 280 €/an (estimation, part solaire ~30 %)
Solaire via batterie domestique (recharge quotidienne en soirée)≈ 60 à 120 €/an (estimation, part solaire élevée)
Télétravailleur 2 jours/semaine + week-ends≈ 150 à 200 €/an (estimation)

Estimations à titre indicatif, la part réelle d’autoconsommation dépend de la taille de l’installation, de la saison et des habitudes de charge. Un dimensionnement précis se fait au cas par cas.


Ce qui reste vrai, sans exagération

  • La recharge d’un véhicule électrique reste, dans tous les cas, nettement moins chère que le carburant — que l’électricité vienne du réseau ou du solaire.
  • Le surplus solaire non consommé ne vaut presque rien à la revente (0,011 €/kWh) : le dévier vers un usage utile comme la recharge du véhicule est presque toujours plus intéressant que de le vendre, dès que la voiture est présente au bon moment.
  • Pour un trajet domicile-travail strict en semaine, la gratuité solaire n’est pas automatique : elle demande soit de la présence à domicile en journée (week-end, télétravail, retraite), soit une batterie, soit une borne sur le lieu de travail.
  • Le crédit d’impôt de 500 € pour l’installation d’une borne a expiré au 31 décembre 2025 — il ne doit plus être compté dans votre budget. La TVA à 5,5 % reste en revanche acquise sur la fourniture et la pose (logement de plus de 2 ans, installateur certifié IRVE).

Notre recommandation

Avant d’installer quoi que ce soit, il vaut mieux dimensionner correctement votre borne selon vos vrais trajets, vos horaires de présence à domicile et votre installation solaire existante ou envisagée. C’est exactement ce que fait notre simulateur de borne de recharge : quelques informations sur votre véhicule et vos habitudes suffisent pour obtenir une recommandation de puissance adaptée.

Pour aller plus loin sur le couplage solaire + recharge, deux articles complémentaires : Borne de recharge solaire : rouler (presque) gratuitement en 2026 et Véhicule électrique et panneaux solaires : le duo gagnant.

Vous préférez un accompagnement direct avec un chiffrage sur-mesure ? Demandez un devis gratuit — nos équipes étudient votre trajet, votre logement et votre projet solaire pour vous proposer la solution la plus honnête, pas la plus vendeuse.

Estimation indicative, un audit reste recommandé. Barèmes T3 2026 — juillet-septembre.